Abby Browne, Peter Jessamine, Emily Marcogliese, Allen Gates, Deb Woeller et Martin Hayles

(de gauche à droite) Dernière rangée : Colin Saravanamuttoo, président et chef de la direction, Robert Harrison, président de l’Association des courtiers d’assurance du Canada. Première rangée : Emily Marcgoliese, Deb Woeller, Peter Jessamine. (Photo prise par Charlie Turner)
À la fin de décembre 2014, quatre nouvelles recrues (Abby, Peter, Emily et Allen) recevaient une formation facultative à la station Mont Ste. Marie, dans la zone Gatineau, près d’Ottawa, sous la direction de leur instructeur, Deb, et de leur chef de patrouille, Martin.
Alors qu’ils étaient dans la clinique de la patrouille, ils reçurent un appel d’urgence concernant un skieur au bas d’une piste baptisée Cheval Blanc. Comme il y avait peu de neige et que le chemin à parcourir était assez long, les membres de l’équipe montèrent à bord d’une camionnette, apportant avec eux une planche dorsale. Allen resta à la clinique pour préparer des couvertures et le matériel de traumatologie.
La patiente, Emily, gisait au bord d’un ruisseau glacé au pied de la piste. On s’aperçut aussitôt qu’elle était gravement blessée. Elle était en position semi-ventrale, son côté gauche contre le sol, et ses membres inférieurs dans le ruisseau. Lorsque le personnel de la station l’avait découverte, elle était inconsciente, la face dans l’eau. On l’avait retournée pour libérer ses voies respiratoires et la rassurer, puis on avait aussitôt appelé la patrouille.
Les membres de l’équipe franchirent le ruisseau avec leurs chaussures de ski. Certains se tenaient dans l’eau pour stabiliser le corps d’Emily alors que les autres procédaient à une première évaluation de son état. On constata qu’elle ne pouvait répondre aux questions qu’en ouvrant les yeux. Sa respiration était spontanée et elle pouvait bouger tous ses membres. Elle semblait éprouver quelques difficultés avec le bras droit.
On lui installa un collier cervical. Puis on la plaça sur la planche dorsale pour la retirer de la zone du ruisseau. Après l’avoir ainsi dégagée, on s’empressa de la fixer plus solidement à la planche dorsale, son état semblant se dégrader. Les signes vitaux autres que la respiration et l’état de conscience étaient difficiles à évaluer parce que la plupart de ses vêtements étaient trempées et gelées. Il était difficile de les retirer.
On procéda à un diagnostic rapide. Les pupilles d’Emily étaient identiques et ses yeux inertes, mais on ne pouvait détecter aucun signe convulsif. Elle ne portait pas de casque. Deb et Martin soulevèrent la cagoule qu’elle portait et découvrirent qu’elle avait au front une profonde lacération de quelque 18 centimètres et qu’elle saignait abondamment. Tout indiquait qu’elle avait heurtée les pierres sur les bords du ruisseau. On lui appliqua aussitôt un pansement.
Il y eut des moments où Emily reprenait conscience. Elle disait alors éprouver des douleurs au bras et à l’abdomen. Elle avait également des nausées. La patrouilleuse Emily Marcoglieseparvint à ausculter son abdomen et ne pouvait détecter aucun signe visible de blessure physique. Toutefois, la patiente disait éprouver de la douleur au toucher.
On procéda ensuite au déplacement de la patiente, que l’on installa à bord de la camionnette en vue de la transporter à la clinique, où l’attendraient les services d’urgence. Les patrouilleurs l’accompagnèrent à bord de la camionnette pour surveiller ses signes vitaux et ses voies respiratoires.
À la clinique, on lui administra de l’oxygène et on la couvrit d’un coussin chauffant et de couvertures. On parvenait difficilement à obtenir un pouls au poignet droit ou gauche, le poignet droit étant d’ailleurs enflé et instable. La tension artérielle d’Emily se dégradait et ses réactions se faisaient de plus en plus faibles. Lorsqu’elle vomissait, il fallait utiliser un outil d’aspiration pour dégager ses voies respiratoires.
Les services d’urgence arrivèrent 25 minutes plus tard et les membres de la patrouille aidèrent à la porter de son matelas gonflable à l’ambulance. Une heure plus tard, elle était accueillie au centre régional de traitement des traumatismes, à Gatineau.
Au cours des mois qui suivirent, la patrouille a appris que l’état d’Emily s’était stabilisé dans la salle d’urgence et qu’elle avait été confiée au service des soins intensifs pendant plusieurs semaines, après avoir subi deux opérations, l’une visant à réparer une lacération au quatrième degré du foie, l’autre à corriger une grave fracture du bras droit.
Outre la lacération au foie et la fracture du bras, Emily avait souffert d’hypothermie, d’une quasi-noyade et d’un traumatisme crânien. Heureusement, on n’a détecté aucune fracture du crâne, ni dommage au cerveau.
On a conclu par après qu’Emily avait dérapé à haute vitesse pour éviter un autre skieur. C’est en effectuant une manœuvre d’évitement qu’elle s’est retrouvée dans le ruisseau. Elle s’est plus tard rappelé avoir heurté son abdomen avec la poignée de son bâton de ski.
Grâce à l’attitude posée et au professionnalisme dont ont fait preuve les patrouilleurs, Emily a survécu à son épreuve. Tous étaient ravis de la voir revenir au Mont Ste. Marie près d’un an après son accident. Félicitations à Abby Browne, Peter Jessamine, Emily Marcogliese, Allen Gates, Deb Woelleret Martin Hayles. Nous sommes heureux de vous avoir décerné le prix de sauvetage de la PCS à l’occasion de la conférence des dirigeants tenue à Ottawa en mai 2016.